
Le Grand Escalier >> Monde Magique >> Poudlard et ses environs
| Refaisons nos guerres | ||||
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Directeur de maison Gardien des Lieux Chroniqueur VIPère Bienfaiteur du WHP Élu des Fantômes Les FPS de Noël ![]() ![]() 5e année
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Titre : Refaisons nos guerres
Créé : 11/01/2026 à 20:38:27 ![]() * L’hiver s’était installé sur le château sans coup d'éclat, sans tempête ni fracas. Il n’avait rien de spectaculaire, dans l'hiver : un froid sec, obstiné, qui s’insinuait partout, jusque dans les pierres les plus anciennes, celles des bâtiments et celles des gens qui les peuplaient, jusque dans les gestes quotidiens devenus mécaniques : mettre un pull de plus, rajouter une bûche dans la cheminée, ... Les jours se succédaient avec une régularité insultante. La nuit tombait tôt. On mangeait, on profitait de son sommeil, on se réveillait, le soleil se levait tard, et on finissait par en faire le tour, encore et encore... Proventus connaissait bien cette saison-là. Ce n'était pas son premier hiver. Et cette saison avait toujours le même effet sur les gens, la même rengaine : celle d’une fatigue qui prenait tant la tête que le corps, tant les actes que les pensées. On faisait ce qu’il fallait faire, on avançait parce que c’était plus simple que de s’arrêter, et que l'on prendrait froid, si on s'arrêtait, et l’on acceptait sans broncher cette forme de monotonie qui, en d’autres saisons, aurait été insupportable. L’hiver rendait le mou supportable, elle rendait le fait de ne pas avancé compréhensible. C’est sans doute pour cela qu’il ne s’était pas alarmé tout de suite. Les silences, en hiver, étaient fréquents. Les présences se faisaient plus discrètes, plus diffuses. Même les fantômes, à l'intérieur du château, semblaient plus pâles, comme si le froid n’était pas propice aux ectoplasmes. Il avait mis l’absence de Natacha sur le compte de cette torpeur saisonnière, de ce ralentissement général qui touchait aussi bien les vivants que les morts. Mais le temps avait passé. Les jours s’étaient empilés les uns sur les autres, identiques, et quelque chose avait commencé à jurer dans cette régularité. C'était l'impression que quelque chose manquait, comme un rouage irrégulier. Ce n'était pas un proche de Natacha, pas vraiment. Ils avaient vécu une aventure dont il avait oublié, ou non vécu, en fait, la moitié. Mais en terme de fantôme omniprésent dans le château, c'était à elle qu'il pensait en premier. Et, au bout de quelques mois, il lui fallut bien se rendre à l'évidence. Natacha ne se manifestait plus. Proventus mit du temps à le reconnaître. Il y avait toujours mille explications plus simples. Les esprits se faisaient discrets, les vivants se repliaient sur eux-mêmes, et tout semblait fonctionner en mode réduit. Pourtant, à mesure que les semaines passaient, l’excuse s’émoussait. Le silence de Natacha n’avait rien de passager. Il s’installait, prenait de la consistance, s’imposait comme quelque chose de vrai. Il ne s’en alarma pas vraiment. Pas au sens classique du terme. On ne s’inquiétait pas pour un fantôme comme on s’inquiétait pour un vivant. Il n’y avait ni danger immédiat, ni urgence tangible. Mais il y avait ce sentiment diffus, persistant, que quelque chose s’était déplacé sans bruit, s'était glissé loin de lui. Une présence qui avait cessé de frotter contre le quotidien, laissant derrière elle un espace trop lisse, trop calme. Proventus s’en rendit compte un soir, sans raison particulière. Une discussion s’était achevée sans que personne ne vienne le contredire, ne vienne le challenger, alors qu'il savait pourtant pertinemment que c'était de la mauvaise foi de sa part. Il n’y avait eu ni remarque cinglante, ni regard désapprobateur flottant dans l’air, ni voix pour rappeler que la cohérence manquait. Et c’est là que cela le frappa : ce n’était pas seulement Natacha qui manquait. C’était ce qu’elle incarnait. Une résistance. Une friction. Une manière de ne pas laisser les choses se faire sans être questionnées. Il s’était surpris à attendre. À lever les yeux inutilement, dans ces moments creux où une remarque aurait dû tomber, où une présence aurait dû se manifester. À écouter, sans vraiment s’en rendre compte, comme si le silence pouvait soudain se fissurer. Mais rien ne venait. Le vide persistait, dense. Et de son absence naquit, presque ironiquement, un manque. Proventus avait fini par admettre ce qui le dérangeait réellement : ce n’était pas elle qu’il cherchait. C’était ce qu’elle représentait. La contradiction. La résistance. Cette présence qui ne cédait pas, qui tenait tête, qui refusait la facilité du silence apaisé. Alors, plutôt que de forcer une apparition, plutôt que de convoquer ce qui avait choisi de se taire, il avait fait ce qu’il savait faire le mieux. Il avait décidé de comprendre. Le n°10 de la rue du Moke d’Argent, à Pré-au-Lard, n’avait rien d’un lieu remarquable. Une façade comme tant d’autres, des pierres usées par le temps, un endroit que l’on aurait pu passer sans le regarder. Rien, à première vue, n’indiquait qu’une femme morte était en train d'y vivre, tout aussi paradoxal que cela était. Proventus entra dans le bâtiment et s'arrêta devant l'appartement. Le froid mordait encore ses doigts, mais il ne se pressa pas. Il leva la main et frappa, une fois, puis une seconde, sans impatience, sans espoir véritable non plus. Le geste avait quelque chose de presque protocolaire, il le faisait plus pour lui que pour elle. Il attendit. Rien ne répondit. Il n’en fut pas surpris. La porte resta muette, parfaitement immobile, comme si elle aussi avait accepté le silence. Alors seulement, Proventus sortit sa baguette. Il la pointa doucement vers la serrure. Une petite lueur blanche en sortit. La serrure céda avec un cliquetis discret, presque invisible. Proventus poussa la porte et entra, laissant derrière lui le froid de l'hiver, pour trouver celui de l'absence. * Famille, Devoir, Honneur Fier parrain de Forrest Ironbark et de Khanos Derrick, ce petit impertinent !
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Titre : Re : Refaisons nos guerres
Créé : 11/01/2026 à 23:04:57 Le 10, rue du Moke s'était drapé de sa brume hivernale, comme tous les ans durant le mois de janvier. Ainsi, il avait l'air fantomatique – sans doute n'était-il jamais plus assorti à la propriétaire de l'appartement 34, autrefois nommé « la coloc hantée ». Hantée, aujourd'hui, il le demeurait ; mais ses habitantes l'avait quitté, n'y laissant qu'un spectre maternel et une silhouette d'adolescent. Aujourd'hui, ni l'une ni l'autre ne répondait présent. Le lieu n'était pas, en apparence, plus inhabituel qu'à l'accoutumée ; toujours rempli de divers objets, moldus comme sorciers, banals ou bien ensorcelés, il représentait toujours une mosaïque de vies passées, des décorations qui s'étaient accumulées au fil des années sans jamais le quitter. Dans ce logement, il n'y avait de place que pour la loyauté – dans le silence solitaire de sa banalité, ce constat était d'autant plus flagrant. Il était comme un cri arraché à cette horloge, dont le tic-tac de l'aiguille avait cessé de se faire entendre depuis un temps que Merlin seul connaissait, déterminant que seize heures cinquante-six était le temps de l'éternité. Ces aiguilles muettes prenaient soudain une place immense dans ces quelques mètres carrés, ici inoccupés. Quelques détails, quelques imperfections, laissaient place à un semblant de vie dans cet endroit, pas tout à fait abandonné. Un tiroir entrouvert, dans lequel on pouvait apercevoir une bourse d'un émeraude un peu daté, rempli d'un fond de poudre jamais utilisé. Quelques décorations de Noël – des guirlandes, des branches de sapins, et même des chutes déchirées de papier cadeau magique, sur lequel des lutins continuaient de danser. Dans un coin de la cuisine, une bouteille de vin et une de vodka cohabitaient sur le sol, toutes deux vidées à la goutte près. Sur la table du salon, un journal, datant de l'automne déjà, ouvert à une page vantant les mérites de la dernière invention de l'Organisation. Un air de tristesse indicible pesait dans cet endroit. Il était habité, mais il ne l'était pas. C'était une équation, dont la moitié manquait. Lorsque Proventus était rentré, un flash lumineux, suffisamment bref pour qu'on pense l'avoir rêvé, avait traversé ce couloir. Puis centre quatre-vingt secondes de silence l'avaient accueilli. Et soudain, il y eut un bruit, un crac un peu trop bruyant et, simultanément, une apparition. Elle avait des cheveux bruns, parsemé de fils d'argent – ceux-ci étaient soigneusement coiffés en un chignon soigné, dont quelques mèches entouraient son visage pour retomber sur le blanc de son col roulé. Une bague d'or brillait à son annuaire gauche, et son cou, quant à lui, était entouré d'un foulard aux couleurs automnales. Elle était élégante, entourée d'une aura aristocratique qui rendait sa présence ici presque déplacée. Mais, surtout, elle était vivante – et, plus surprenant encore, ses traits étaient les mêmes, quoique surannées, que ceux de la défunte Natacha. Du moins, au premier regard – un second révélait un regard un peu moins enflammé, et des lignes moins prononcées entre ses lèvres et son nez. Pourtant, elle n'avait pas l'air triste – elle était simplement différemment marquée par les épreuves du passé. Proventus n'eut sans doute pas l'occasion de noter tous ces détails-là ; ceux-ci sont réservés au lecteur, pour qui le temps sait se suspendre suffisamment longtemps. Dès que le regard vif de cette femme inconnue s'était posé sur sa silhouette, une rafale de vent l'avait plaqué contre le mur, sans pitié pour sa silhouette fatiguée – la baguette d'Anastasia était tendue, prête au combat. Le silence avait été brisé ; pour le remplacer, ce fut une voix abrupte, à l'accent russe plus que marqué, qui le salua : ANASTASIA · Votre nom, votre prénom, et ce que foutez là. Puis, se rapprochant d'un pas avec un ton de menace : ANASTASIA · N'essayez même pas de jouer avec moi.
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Titre : Re : Refaisons nos guerres
Créé : 07/02/2026 à 20:36:06 * Le choc contre le mur n’eut rien de spectaculaire. Pas de fracas de meubles ou d'os cassés, mais seulement ce souffle coupé, bref, et le froid de la pierre, du mur, contre son omoplate, tandis que le relief du papier peint venait dessiner quelque chose sur ses doigts. Proventus resta immobile. Il n’y eut pas, tout de suite, de réflexe défensif, pas de calcul. Seulement ce flottement, ce temps suspendu où l’esprit peine à rattraper ce que les yeux viennent de voir. Elle était bien trop solide pour un appartement figé dans cette ambiance d'abandon et de vide permanent. Trop vivante, surtout, dans cet espace saturé de silence. Son regard s’attarda malgré lui sur les détails : le chignon impeccable sans être rigide, les mèches brunes striées de fils d’argent, le col roulé clair, le foulard aux couleurs d’automne. Puis elle parla. Et quelque chose se fissura. Ce n’était pas tant l’accent, il en avait entendu d’autres, que la cadence, la façon de poser les mots, de les laisser tomber avec précision et une certaine peur. Une voix habituée à être écoutée. Et surtout, il y avait les yeux. Pas identiques, pas tout à fait. Mais un regard qui portait une familiarité dérangeante. * ... Natacha ?
* Non, ce n'était pas elle. Malgré toutes les expériences avec le temps qu'elle faisait, ce n'était pas la même personne. D'autant que Natacha était beaucoup plus morte que cela. Le sort le maintenait encore contre le mur, mais il n’y prêta presque plus attention. Sa baguette resta le long de sa cuisse, doigts ouverts, comme si lever le bras risquait de rompre un équilibre fragile. Il inspira lentement. L’air était chargé de poussière, d’alcool évaporé qui aurait pu teindre les murs de tâches, et d'un reste de magie, d'un reste de poussière. Une atmosphère figée, comme si le temps avait cessé de circuler ici. Il cligna des yeux une fois, cherchant à ordonner ses pensées, à chasser cette impression insistante qui refusait de se dissiper. Il ne se sentait pas vraiment menacé. Aurait-il dû l'être ? En attendant, il se sentait déplacé. Comme s’il venait de poser le pied dans un souvenir qui n’était pas le sien. Sa voix, lorsqu’il parla de nouveau, était basse, prudente, étonnamment dépourvue de dureté. Ce qui était assez rare pour être souligné. * Proventus Tal Moundine, je... Je cherchais Natacha Tchaïviev. Je suis un ... ami ?
* Un silence lourd suivit, presque respectueux. Il hésita, réellement, avant de reprendre. Son regard croisa pleinement le sien, attentif, troublé. Encore une fois, il s'arrêta sur les yeux. Ils étaient tellement similaire, si on retirait la couleur qui, chez Natacha, devait être une teinte que l'on aurait pu qualifié de "fantôme délavé", c'était le même regard. La même façon de... jauger ? Si c'était le bon terme. Il ne bougea toujours pas. Il ne lui demanda pas de baisser sa baguette, pas encore. Il se contenta d’observer, d’écouter ce que le silence lui renvoyait. Puis, plus bas, il ajouta : * Vous lui ressemblez suffisamment pour que je me sois trompé une fraction de seconde. J'imagine que ce n'est pas vous, n'est ce pas ? Qui êtes vous, vous ? Et avez-vous une réponse à donner à cette question ?Est-ce quelque chose que fait Natacha souvent ? Disparaître ? Famille, Devoir, Honneur Fier parrain de Forrest Ironbark et de Khanos Derrick, ce petit impertinent !
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Titre : Re : Refaisons nos guerres
Créé : 09/02/2026 à 00:46:46 À entendre le vieillard, un rictus d'ironie naissait sur les lèvres de la russe, rictus qui se transforma bien vite en rire bref. Elle pourrait le tuer, là, maintenant ; il était plaqué contre le mur, ne pouvait pas se défendre aussi rapidement qu'elle l'attaquerait. Un simple coup de baguette suffirait – un éclair prédateur sembla éveiller son regard un instant, un court instant, trop rapide. Bien vite, la voix de sa soeur murmurait à son oreille que ce n'était pas ça, leurs valeurs. Que le meurtre n'était que l'ultime solution. Dommage, ç'aurait été amusant, pensa Anastasia, de voir ce bureaucrate mourir d'une main qu'il n'aurait jamais pu contrôler. Mais, si Natacha savait faire une chose, c'était hanter les esprits – le sien n'était pas une exception. ANASTASIA · Tal Moundine, huh ? Le frère de la ministre... Elle m'a parlé de vous mais... Une pause, le temps de toiser cette figure du regard, de haut en bas, puis de bas en haut, d'un regard analytique, analysant chaque ride, chaque pli de vêtements. Le geste était méthodique, le sourire toujours moqueur. Il ne fallait pas être bien intelligent pour sentir le mépris qu'elle éprouvait face à tout ce que représentait cet homme, cette situation. À visage égal, choix différents. Tal Moundine comprendrait bien vite qu'elle n'avait ni le coeur, ni le tact de la défunte dans de telles situations. ANASTASIA · Je ne savais pas que vous étiez amis... Quoi que cela veuille dire. Sa soeur n'avait pas d'amis, pas vraiment ; c'était la variable fixe que tout le monde savait, sur Natacha. Elle était un esprit libre, une âme indépendante. Elle faisait ce qu'elle voulait, quand elle voulait ; et, si elle aidait les autres, parfois, souvent, ce n'était pas en guise d'une quelconque amitié, mais suite à un long discours quant à ce qui était juste, quant à ce qui était bien. Sa soeur avait toujours eu ce côté philosophe un peu insupportable, sans doute quelque chose qu'elle avait tiré de l'Ouest. Cela lui donnait parfois l'air tendre ; mais jamais, au grand jamais, cela ne signifiait une amitié. Proventus n'était pas le premier, encore moins le premier homme, à croire que Natacha s'était prise d'affection pour lui. Grand bien lui fasse, il découvrirait bien assez tôt la vérité. S'il pensait encore être aimé, c'est qu'il devait avoir une utilité. Son utilité, néanmoins, se faisait maintenant bruyante, dérangeante. Il cherchait Natacha – généralement, ce n'était pas bon signe. Sans doute ne savait-il pas que la dernière fois qu'Anastasia avait entendu de tels mots, ceux-ci provenaient de la bouche d'un homme qu'il était très facile de mépriser. Cet air préoccupé ne jouait pas vraiment en sa faveur. Heureusement, la bonne conscience au nom de Natacha était là pour lui donner une seconde chance, et la russe, en un coup de baguette, lui vola la sienne et le laissa retomber au sol, sans aucune délicatesse. ANASTASIA · Ma soeur n'a pas disparu. Elle était là à Noël... En guise d'évidence, un morceau de papier cadeau, représentant des lutins à l'oeuvre, vint s'abattre contre le visage du vieil homme, envoyé par sa propre baguette. Une trentaine de centimètres, un bois rougeâtre... Cet outil avait connu la guerre, littéralement, et cela se voyait. Mais il manquait d'élégance ; elle préférait la sienne, dans laquelle était minutieusement incrustée une pierre rouge, ornée de quelques runes. Celle-ci n'était pas très précise. Tant pis pour Tal Moundine. S'il voulait un meilleur traitement, il n'avait qu'à pas déranger cet appartement. ANASTASIA · Et, quand bien même elle aurait disparu... C'est sa spécialité, et vous ne réussirez pas à la retrouver. Vous devez bien peu la connaître, pour ignorer cela. Elle haussa les épaules, s'asseyant sur le canapé, toujours prête à attaquer si besoin. Ce flegme-là, peut-être qu'elle le partageait avec sa soeur – sans doute cette dernière l'avait inspirée, sur ce point. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas eu peur pour sa vie. Cela aurait été indécent – après tout, qu'avait-elle risqué, elle ? Pas grand-chose, certainement. ANASTASIA · Si vous la connaissiez un minimum, vous sauriez qu'un jour, elle a disparu... C'était le jour de son mariage. Il m'a fallu attendre celui de son enterrement pour la retrouver. Ça a pris six ans. C'était le genre d'informations que tout le monde savait, personne ne s'en était jamais caché – du moins, en Russie. Suite à ce mariage, et à la mort de Natacha, le nom de Vladimir Ketchlov avait été souillé, plus encore qu'il ne l'était auparavant ; ses enfants, aujourd'hui jeunes adultes, portaient encore avec eux le fardeaux de ces épousailles ratées. Encore aujourd'hui, le fantôme de cette échec régnait comme exemple dans les bonnes familles. Voilà ce qu'il faut à tout prix éviter, disait-on. Le déshonneur jusqu'au cimetière était l'équivalent de l'éternelle damnation. ANASTASIA · Donc, peu importe la raison pour laquelle vous la cherchez... Je vous conseille d'arrêter. Ce sera mieux pour tout le monde, et surtout pour vous. Cette dernière phrase avait été prononcée presque comme une menace, le regard plongé dans celui du vieil homme. Un ami, disait-il... Quelle drôle de plaisanterie. Elle se demandait comment Natacha faisait ça, faisait croire aux gens qu'elle était leur amie. Avant lui, il y avait eu la fille du C.A.M.P., et cette moldue en devenir, les deux femmes qui avaient habité là... Et certes, la défunte était un peu sensible, un peu romantique même, par moments. Mais jamais suffisamment pour faire croire à Anastasia que tout cela était sincère – le seul attachement un peu sincère auquel la russe avait pu croire, c'était cet amour envers ce potionniste anglais, grâce auquel elle avait transgressé la mort. Une passion stupide, qui, bien heureusement, avait mis fin à tous les caprices du coeur de sa soeur, qui avait néanmoins continué de faire semblant, et de nouer des relations avec bon nombre de ceux qu'elle croisait. Oui, Natacha était une bonne menteuse, voilà ce qui faisait sa force. C'était grâce aux mensonges qu'elle existait. ANASTASIA · Et donc, pourquoi vous la cherchez ? Ne me répondez pas l'amitié... Peu importe ce que vous lui voulez, j'aurais sans doute la même solution qu'elle, de toute façon.
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Titre : Re : Refaisons nos guerres
Créé : 05/03/2026 à 13:12:41 * Il haussa les épaules. Il ne lui voulait rien de particulier, en fait, à Natacha. Il avait juste pris l'habitude de la voir de temps en temps, de la croiser, de discuter avec elle... Ce n'était jamais bien profond, ce n'était pas souvent intéressant, comme discussions, mais c'était devenu quelque chose qui, dans la vie du sorcier, avait fini par devenir une sorte d'occurrence régulière, une sorte de battement méthodique du temps, une sorte de minuterie régulière. De temps en temps, ils se croisaient. Et le moment n'était qu'un instant de plus dans leurs vies et morts respectives, mais ils s'étaient croisés, et cela comptait. Il se rappelait de ces journées où ils se croisaient. Et c'était déjà quelque chose, pour lui. Mais de là à se dire amis ? Ce n'était pas spécialement vrai. Il avait de l'affection pour elle, son combat, la façon qu'elle avait de le mener. De l'autre côté d'un spectre invisible, de tant de spectres invisibles, mais elle, en tant que personne, paraissait aussi inoffensive que ses idées paraissaient révolutionnaires. C'était ce paradoxe qui intéressait le sorcier. Comment une sorcière si fragile qu'un souffle de vent pouvait la pousser au loin pouvait, encore aujourd'hui, mener un combat qui ne verrait pas le jour. Les révolutionnaires meurent avec leur révolution, qu'elle ait lieu ou pas, mais que se passait-il s'ils ne pouvaient mourir ? Il se pencha pour ramasser sa baguette, doucement, et la ranger dans la poche intérieure de sa veste. Il n'en aurait pas besoin. Elle ne le tuerait pas, sans doute parce que Natacha lui en voudrait. C'était une bonne raison d'en vouloir à quelqu'un, cela dit. * Je ne sais pas si nous sommes amis, à vrai dire. Qu'est ce que l'amitié, après tout.
* Il la rejoignit, mais sans s'asseoir sur le canapé. Il posa les bras sur la boiserie du fauteuil qui lui faisait face, plus blasé que menaçant, plus ennuyé d'être pris la main dans le sac comme un enfant qui volerait de la confiture que furieux de ne pas avoir de réponses à ses questions. * Par exemple, elle ne m'avait pas dit qu'elle avait une soeur. J'imagine que ce sont des choses que se disent des amis. Bah...
* Était-il vraiment vexé de s'être trompé dans les sentiments que Natacha pouvait avoir pour lui ? Non, sans doute pas. Mais même pour quelqu'un comme lui, il est toujours plus agréable d'être apprécié que de ne pas l'être. Puis les informations tombèrent les unes après les autres. Mariage, enterrement, Russie. Tant de choses qu'il savait déjà en lisant des coupures de journaux une fois qu'elle était entré dans sa vie, des rapports qu'il avait demandé, même Faith, à qui il avait posé la question et qui, entre deux étourderies idiotes, lui avait donné quelques éléments pour recomposer la vie de la morte. Mais... dans la bouche de la soeur de la défunte, il y'avait quelque chose d'autre. Il y'avait une odeur, il y'avait un goût, il y'avait un sens à tout ce qui était raconté. Le puzzle éclaté que représentait la vie de sa soeur était une chose qui ne serait jamais complète. * Je venais lui demander son avis sur... un hommage, que l'on pouvait faire à une morte. Je pense que c'est un sujet d'expertise sur lequel vous divergez. Famille, Devoir, Honneur Fier parrain de Forrest Ironbark et de Khanos Derrick, ce petit impertinent !
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Titre : Re : Refaisons nos guerres
Créé : 07/03/2026 à 18:32:15 La russe masqua à peine se mouvement de ses yeux, qui se levaient au ciel, face aux considérations normatives de Tal Moundine sur ce que devait être l'amitié. Les conversations de Natacha et de cet homme devaient être, sans nul doute, d'un ennui profond. Mais ce genre de phrases vagues avaient le don de l'exaspérer. Les gens à l'ouest avaient sans doute le luxe de perdre du temps à se poser de telles questions – pas elle. Mais chacun ses défauts, et sa soeur ne cessait de lui répéter qu'elle était trop bornée. Mais, dans leurs différences, les deux femmes trouvaient toujours des points sur lesquels s'accorder – ainsi, elles trouvaient toutes deux leur confort dans le mystère qu'elles laissaient planer autour de leurs vies. ANASTASIA · Savoir, c'est pouvoir. Je ne sais pas pourquoi elle vous aurait dit que j'existais. Anastasia et Natacha étaient deux planètes d'un même système, se croisant ici et là, mais se tenant néanmoins à une distance mesurée. Qui pouvait les blâmer ? Elles n'avaient pas grandit ensemble, et les quelques années d'adolescence lors desquelles elles s'étaient côtoyées avaient été frappées par bon nombre de troubles et de comètes. Elles s'aimaient ; mais elles le faisaient mieux lorsqu'il y avait, entre elle, une distance de sécurité, juste assez grande pour ne pas être trop troublées par ce double dont la matérialité différait. Il n'était pas très agréable d'être confronté, de temps en temps, au spectre de sa jeunesse, et, dans un même temps, à la fragilité de la vie. Au fond, Anastasia était très contente, lorsqu'elle se déplaçait au 10 rue du Moke pour mettre à joue le tissage d'enchantements qui drapait ce très secret appartement, et qu'elle n'y croisait personne. Sa magie en était d'autant plus efficace. C'était particulièrement vrai depuis son mariage avec Ana Ejov. Évidemment, Natacha était au courant de l'évènement, bien que, la cérémonie étant tout à fait privée, tout le monde avait jugé cela plus prudent de ne pas inviter une morte aussi controversée. Mais ce que sa soeur ignorait, c'était les dessous de cette alliance, et de la vie privée de la vivante. C'était pour son bien que tout cela lui était caché – les amours de tout un chacun était un sujet sensible pour la défunte, et sans doute aurait-elle du mal à comprendre les sentiments qu'Anastasia développait pour celle qui, depuis tant de temps, était censée être sa plus grande ennemie. Alors, le secret restait la meilleure des solutions. Ironique, pour des révélationnaires – mais les lettres de la vie n'étaient qu'un tissu d'ironie. Voilà que Tal Moundine prétendait venir pour rendre hommage à une morte. Comme si Natacha n'avait rien d'autre à faire que de conseiller les endeuillés ; comme si elle savait rendre hommages aux défunts sans masquer ses larmes par des promesses de vengeances. À chaque humain perdu dans la lutte, le fantôme s'enfonçait encore plus profondément dans l'efficacité de son travail. Cela faisait d'elle une excellente tête pour le mouvement ; elle était obsessionnelle, et avait suffisamment de coeur pour pleurer chaque vie perdue, pour n'oublier aucun nom. Anastasia, elle, était plus méthodique. Elle versait peu de larmes – il était indécent de pleurer les morts, quand on bénéficiait encore du cadeau de la vie. Alors, plutôt que de se perdre dans des émotions inadéquates, elle s'enfermait dans son bureau, sortait sa plume, et se concentrait sur les récits qui se construisaient autour de ce décès. En tant que journaliste, elle travaillait aussi bien pour l'antenne russe de la Gazette du Sorcier que pour des revues plus indépendantes, et elle s'assurait toujours que l'Internationale garde le contrôle du narratif sur leurs morts. De sa soeur, elle n'avait qu'un ordre : ne jamais souiller les vies qui avaient été perdues. Tout le reste, c'était sa virtuosité qui s'exprimait. Pas de chance pour le soi-disant ami de sa soeur, il était en compagnie de l'experte de la famille. ANATASIA · Nous divergeons sûrement, oui. Ma soeur a horreur des oraisons funèbres, et moi, je les écris. Elle haussa les épaules, puis se leva prestement, profitant de se mouvement pour nettoyer la table à manger d'un coup de baguette. Un geste de réflexe, plus que de nécessité – mais cette interaction la lassait déjà, et elle souhaitait s'en extirper. ANATASIA · Enfin ! Je suppose que ça n'importe guère, puisque vous mentez. Vous avez d'autres questions, ou cette réponse vous suffit pour quitter cet endroit puisque, comme vous l'aurez remarqué, ma soeur n'est pas là ?
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Titre : Re : Refaisons nos guerres
Créé : 15/03/2026 à 01:02:16 * Les considérations de la russe le laissait de marbre. Heureusement qu'elle avait le visage de Natacha, parce qu'il en aurait déjà eu marre de cette conversation depuis bien longtemps, si cela n'avait pas été le cas. N'avait-elle que le pouvoir, que la puissance en tête ? Ne savait-elle pas ce que le reste voulait dire ? Bah... Comment pouvait-il en être autrement ? Le pouvoir coulait dans leur sang comme de la boue dans un égout. Parce que nous sommes amis. Les mots ne sortirent pas de sa gorge, ils y restèrent bloqués, refusant de sortir. Parce qu'ils étaient amis, elle aurait dû parler de sa soeur. Parce qu'ils étaient amis, elle aurait dû partager. L’idée s’imposa à lui avec une évidence presque douloureuse. Entre amis, on partage ce genre de choses. On évoque les absents, les morts, ceux qui ont compté. On prononce leurs noms à voix haute, comme pour empêcher leur souvenir de disparaître tout à fait. Ou du moins, on essaye. Souvent, les noms coincent, les souvenirs ne sortent pas, ou alors, déformés, ou alors, Alors... Pourquoi ne lui en avait-elle pas parlé, de sa sœur ? Est-ce que les règles étaient différentes parce qu'elle était morte ? Est-ce que le fait d'être elle-même un fantôme changeait la donne, et est ce qu'on ne parlait pas des vivants quand on était mort comme l'on évitait souvent de parler des morts quand on est vivant ? * Bah, en effet, pourquoi.
* Une vague de lassitude le prit. Pourquoi courir après Natacha. Qu'est ce que ce fantôme représentait pour lui, au final ? La question lui traversa l’esprit avec une étrange pesenteur. Depuis combien de temps la cherchait-il déjà ? Depuis combien de détours, de salles vides, de couloirs traversés sans résultat ? Elle ne voulait manifestement pas être trouvée. Et pourtant il continuait. Comme si le simple fait de renoncer lui était devenu impossible. Il passa une main lasse sur son visage. Au fond, qu’était-elle vraiment pour lui ? Était-elle devenue ce qu'elle avait toujours été à ses yeux, un fantôme ? Une présence qui glissait entre les murs et disparaissait dès qu’elle le décidait. Une femme dont la vie s’était arrêtée depuis longtemps déjà, et dont il ne connaissait finalement que des fragments. Mais des fragments assez importants que pour être remis ensemble. * Voila qui nous fait un point commun, j'imagine.
* Il n'avait pas vraiment grand chose à faire dans cet appartement. Natacha n'y était pas, elle avait raison. Et c'était elle qu'il cherchait. Mais il ne faisait pas que la chercher physiquement. Il cherchait aussi à la comprendre. La voyant nettoyer la table, il eut un haussement de sourcil. Pourquoi jouait-elle à la concierge après avoir joué le rôle de Cerbère. Voulait-elle prouver qu'elle était plus chez elle ici que lui ? Il le savait bien... * Hm, oui, j'imagine. Mais bah, quitte à être tous deux des menteurs, racontez m'en plus. Qu'est ce que cela fait d'être la soeur de la grande Natacha Tchaïviev, à la tête de l'Organisation ? Famille, Devoir, Honneur Fier parrain de Forrest Ironbark et de Khanos Derrick, ce petit impertinent !
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Titre : Re : Refaisons nos guerres
Créé : 23/04/2026 à 20:46:12 Dans la main d'Anastasia, un verre était déjà prêt, tout juste enchanté pour servir de portoloin — lorsque Tal Moundine posa sa question, ce verre vint se briser au sol, tombé de stupéfaction, tandis que sa propriétaire laissait échapper un rire rauque, qui ne dissimulait que fort mal sa surprise. Au moment où ce rire s'échappait de ces lèvres, elle le savait — il l'avait pris au piège, ce n'était là qu'une méthode de mauvais enquêteur, typique et prévisible de la part de cet homme qui avait vendu sa carrière au Ministère. Mais trop tard, elle était tombée dedans, elle avait réagit à cette insulte proférée sans honte envers sa sœur. Sa baguette, toujours dans sa main, se pointa à nouveau vers son interlocuteur, et une flèche d'argent en sortit et fusa à quelques millimètres seulement du visage de Tal Moundine, avant de se planter dans le mur. ANASTASIA · Qu'une chose soit claire, Tal Moundine. Ma sœur est une personne bien trop digne pour fréquenter qui que ce soit ayant trait à cette ignoble groupuscule. Toujours prête à attaquer, elle se rapprocha d'un pas de l'homme. Il ne lui faisait pas peur. Si cela ne tenait qu'à elle, il serait déjà mort, ou au moins, en piètre état – mais elle savait qu'elle ne pouvait se permettre cela. Elle avait juré fidélité à sa soeur et aux idéaux de cette dernière, et ceux-ci impliquaient de ne pas arbitrairement ôter la vie des individus qui venaient fouiner dans leurs affaires. Et, les martyrs ayant toujours raison, Anastasia s'y était plié, dans la mesure du raisonnable. Elle ne tenait sa vie qu'à la sagesse de sa jumelle – il serait bien mal venu pour elle de tuer ses prétendus amis sur une piètre provocation. ANASTASIA · Si nous étions de l'Organisation, vos questions seraient punies par bien plus que des menaces. Et, croyez-moi, ce n'est pas parce que vous êtes l'ami de Natacha que je vous laisserai continuer à l'insulter de la sorte. Pour illustrer ses propos, elle se permit un tour de poignet cathartique, qui saisit le corps du vieillard dans un filet de cordes. Profitant de cette distraction, elle transforma les débris au sol en nouveau verre, plus élégant sûrement que le précédent. Puis, revenant sur sa cible, elle ajouta : ANASTASIA · Ma sœur a le mérite d'essayer de construire un monde meilleur. Peut-être que vous, en tant que suppôt du Ministère, n'y voyez pas de différence avec les mages noires de pacotille qui peuplent les rangs de nos ennemis. Mais croyez-moi, ma soeur préfèrerait mourir une deuxième fois que d'être comparée à Camille Dubois. Derrière la russe et son accent à couper au couteau, la peinture offerte par Faith Fawley, cette troisième oeil aussi blonde que bête que sa soeur avait décidé de prendre sous son aile, imposait sa présence. Cette œuvre était d'un glauque sans nom. Une sorcière y trônait au coeur d'un orage, sur un sol aux fleurs couleurs de sang. Anastasia n'aimait pas cette image inélégante. Elle avait proposé, de nombreuses fois, de s'en débarrasser. Mais Natacha y tenait. Sans doute une folie de défunte... En cet instant, néanmoins, l'offense était si forte que la peinture n'était plus ce qui enlaidissait le plus ce modeste appartement. Lançant un dernier éclair contre le buste de Tal Moundine, afin de provoquer en lui une fulgurante et brève douleur, la russe plongea ses yeux bruns dans ceux de l'homme, tout en faisant voler à elle le portoloin reconstitué. ANASTASIA · Je vous conseille d'arrêter vos recherche, et de taire ce gens de comparaisons. Me suis-je bien fait comprendre ?
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